Au nom de dieu
La soeur :
Qu’avez vous, qu’avez vous, mes frères ? Vous baissez des fronts soucieux. Comme des lampes funéraires.
Vos regards brillent dans vos yeux.
Vos ceintures sont déchirées, déjà trois fois, hors de l’étui, sous vos doigts, à demi tirés. Les lames des poignards ont lui.
Le frère aîné :
N’avez vous pas levé votre voile aujourd’hui ?
La soeur :
Je revenais du bain mes frères, seigneurs du bain je revenais, cachée aux regards téméraires des giaours et des albanais.
En passant près de la mosquée, dans mon palanquin recouvert, l’air de midi m’a suffoquée :
Mon voile un instant s’est ouvert.
Le second frère :
Un homme alors passait ? Un homme en caftan vert ?
La soeur :
Oui … peut être … mais son audace n’a point vu mes traits dévoilés …
Mais vous vous parlez à voix basse, à voix basse vous vous vous parlez.
Vous faut-il du sang ? Sur votre âme, mes frères, il n’a pu me voir.
grâce ! tuerez vous une femme, faible et nue en votre pouvoir ?
Le troisième frère :
Le soleil était rouge à son coucher ce soir.
La soeur :
Grâce ! qu’ai je fait ? Grâce ! Grâce ! Dieu ! quatre poignards dans mon flanc !
Ah par vos genoux que j’embrasse …
Ô mon voile ! Ô mon voile blanc !
Ne fuyez pas mes mains qui saignent, mes frères, soutenez mes pas !
Car sur mes regards qui s’éteignent s’étends un voile de trépas.
Le quatrième frère :
C’en est un que du moins tu ne léveras pas.
"poème de Victor Hugo écrit en Septembre 1828"

**A celle qui est voilée [victor hugo:(Recueil : Les contemplations)]**
Tu me parles du fond d’un rêve
Comme une âme parle aux vivants.
Comme l’écume de la grève,
Ta robe flotte dans les vents.
Je suis l’algue des flots sans nombre,
Le captif du destin vainqueur ;
Je suis celui que toute l’ombre
Couvre sans éteindre son coeur.
Mon esprit ressemble à cette île,
Et mon sort à cet océan ;
Et je suis l’habitant tranquille
De la foudre et de l’ouragan.
Je suis le proscrit qui se voile,
Qui songe, et chante, loin du bruit,
Avec la chouette et l’étoile,
La sombre chanson de la nuit.
Toi, n’es-tu pas, comme moi-même,
Flambeau dans ce monde âpre et vil,
Ame, c’est-à-dire problème,
Et femme, c’est-à-dire exil ?
(….)
Comment by KAHINA — February 17, 2005 @ 1:51 am
c’est vrai que les obscurantistes de tout poils s’attaquent en premier à ceux qui peuvent représenter un danger pour leur projets dévastateurs. les journalistes, intellectuels, écrivains …..ils s’attaquent à toute forme d’intelligence susceptible de dévoiler leurs desseins macabres. Mais ils s’attaquent aussi à ce qui peut, dans leur monde sombre et obscure, apporter la lumière. Victor Hugo ne se trompe pas en comparant la femme au poète. La femme est un flambeau tout comme les intellectuels, journalistes …..un flambeau qu’il faut à tout prix voiler d’une couverture afin de l’éteindre et de l’empêcher d’illuminer le chemin des autres.
A chaque effondrement des preuves, le poète répond par une salve d’avenir. cette avenir c’est la femme …..
voilà ce que ça donne lorsqu’on dort mal …….je devrais éviter d’écrire dans ces conditions lollll
Comment by hani — February 18, 2005 @ 11:37 am
Si dormir mal donne un aussi beau et touchant éloge de la femme, je ferai une prière pour tous les hommes deviennent insomniaques! (sourire)
Bon week-end mon Grand!
Comment by Kahina — February 19, 2005 @ 2:21 pm
Merci ma grande ……:-)
pour être plus sérieux, je pense que la femme est un enjeu majeur dans les sociétés maghrébine et “musulmanes” en général. aucune démocratie, aucune libérté ne sera effective sans une reconnaissace totale de la femme en tant que citoyenne à part entière. tout reste à faire et le plus dur c’est de changer les mentalité et surtout remettre la religion à sa place car, en réalité c’est celle-ci qui alimente la haine et le mépris envers la femme……….A quand la révolution ?
Comment by hani — February 20, 2005 @ 10:17 am
Tant qu’il y aura encore ces mentalités moyenâgeuses, il n ‘y aura jamais de reconnaissance!
J’aimerai que toute femme active ou non active, impose son respect, ses idées, ses droits, ses volontés, son savoir-faire et ne doit jamais céder devant une menace ou une pression quelconque…le foyer est la case de départ, un couple c’est le mari et la femme et non pas uniquement le mari ou uniquement la femme, les décisions se prennent à deux, ça doit être pareil dans la société qui est l’étape suivante…une femme au travail ou dans la rue ne doit pas avoir peur d’affronter les hommes, une femme est un être entier tout comme l’homme!la révolution doit s’organiser avec diplomatie et intelligence, la violence ou la haine ne mènent à rien c’est plutôt un signe de faiblesse quand la personne est à court d’arguments. un homme qui bat sa femme est un homme faible, un homme qui siffle et drague sauvagement une femme dans la rue est un vrai cas social, un frustré et un animal, un supérieur qui veut abuser d’une employée en proposant une promotion canapé est un mauvais dirigeant, un looser, une ordure qui a un pouvoir et il en abuse…etc
Donc une femme qui veut réussir dans sa révolution doit avoir des alliés hommes qu’elle choisira avec beaucoup de diplomatie et intelligence!
Comment by kahina — February 20, 2005 @ 10:28 pm